Le Massif du Canigou :
Samedi 13 Juillet, 13 h.30, les aspirants au Week-end CANIGOU se retrouvent et se compent :
tant pis pour le petit nombre, nous essaierons de compenser la quantité par la qualité !
Sacs, tentes et duvets chargés dans la malle, c'est l'autoroute qui nous absorbe et, plein sud,
nous conduit jusqu'à Perpignan, d'où nous apercevons déjà le massif auquel nous allons nous attaquer.
Direction Prades, puis enfin le panneau CANIGOU. Et les choses sérieuses commencent, surtout pour
la voiture qui rebondit de creux en bosses, de saignées en cailloux, sur une piste forestière étroite serpentant
à flanc de montagne et bordant souvent des à-pic de plus en plus impressionnants. Nous rencontrons un groupe
de jeunes gens en train de s'équiper pour descendre le torrent qu'on devine au fond de la gorge.
24 kms. de piste : 2 h.00 environ nous seront nécessaires pour les gravir; mais voici enfin le chalet-hôtel
des Cortalets rebâti au milieu des conifères, dans un magnifique cirque de montagnes, après avoir été démoli
pendant la dernière guerre pour avoir abrité le maquis Henri Barbusse.
Si la plaine, en bas, continue à cuire, sans doute, doucettement, nous devons ici tirer les tricots du sac et les
endosser car le thermomètre de la voiture nous a permis de constater que, pendant que nous montions, les degrés,
eux, descendaient. A l'arrivée, nous en avions perdu une bonne quinzaine. D'ailleurs un néné tout proche nous
rappelle que l'altimètre marque 2.200 !
Chercher un coin propice ( pas dans un creux, pas sur des cailloux, mais dans une clairière au milieu des pins ),
planter les tentes, installer les matelas et duvets nous occupe jusqu'à l'heure du repas que nous prendrons chaud,
au chalet voisin. Salle joliment décorée, personnel accueillant, ambiance agréable et nourriture substantielle
que nous essaierons de compenser par une promenade digestive sur le sentier du Canigou. Nous longeons un lac aux eaux
sombres, cotoyons chevaux et troupeaux de ruminants paisibles; le soir est calme.
Mais soudain le paysage s'anime car, d'un bosquet, jaillissent ceux que nous espérions voir sans trop y croire :
4 Izards qui viennent de boire au point d'eau voisin, la fontaine de la Perdrix (2260 m.), ils bondissent et s'ébattent
sous nos yeux pendant plusieurs minutes, nous laissant le temps de les contempler à loisir. Mais la nuit tombe et il
faut regagner nos abris de toile, abandonnant nos amis à leurs gambades.
Nuit plus ou moins blanche selon les personnes. L'aube pointe et déjà les sommets environnants s'éclairent.
L'air plutôt "frais", l'eau plutôt glacée n'incitent pas à des ablutions prolongées. Vite, s'habiller, plier les tentes,
préparer les sacs, ranger le matériel dans la voiture et, après un petit déjeuner bienvenu, car il est chaud,
la grande aventure commence.
"Passez par la gauche, a dit le gérant du chalet, c'est plus long mais plus intéressant"; nous suivons ses conseils.
Le sentier serpente d'abord dans la forêt où les myrtilles sont encore trop vertes pour être dégustées.
Puis les arbres laissent la place aux rochers et le paysage change: pentes plus ou moins abruptes tapissées
de rhododendrons et de genêts nains au parfum entêtant. Nous apercevons en contrebas le chalet et le lac
qui s'amenuisent de plus en plus. La montée est rude, certes, d'autant plus qu'un vent violent, venant la
plupart du temps de face, nous coupe la respiration dès que nous ouvrons la bouche et arrive même parfois à nous déséquilibrer.
Cependant nous ne nous avouons pas vaincus et, longeant la crête, nous parvenons au premier sommet de notre randonnée:
le pic Barbet à 2733 m. Une petite halte restauration et nous redescendons jusqu'à la Porteille de Valmanya à 2591 m.
par un sentier tracé sur un gigantesque éboulis. Il faut ensuite obliquer vers la droite pour gravir enfin ce pic
qui depuis la veille semble tantôt nous narguer, tantôt nous appeler. Encore un sentier, sur lequel il vaut mieux
ne pas faire de faux-pas car, à gauche, on descendrait...bas ! Nous arrivons ainsi à la Brèche Durier à 2691 m.